• Approche syndicale et défense du métier d'enseignant.

     

     

     Vous appartenez à la deuxième promotion de stagiaires « mastérisés », martyrisés sur l’autel de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP.) Malgré le bilan catastrophique de l’année dernière, le ministère a tenu à son équation de dupes 1 année d’études en plus = 1 année de formation payée en moins. Cette détermination à faire des économies sur la formation de ceux qui font profession d'instruire en dit long sur le souci du gouvernement actuel concernant la qualité de l’enseignement dispensé par l’Education Nationale. Vous n’ignorez pas qu’on y supprime des milliers de postes tous les ans, et que nombre de postes ouverts au concours cette année n’ont pas été pourvus. Certains nous disent que malgré les moyens mis en œuvre le service public d’enseignement « dysfonctionne. » Et, par un sophisme éhonté, ils voudraient convaincre l’opinion publique que c’est en réduisant les moyens qu’on résoudra les problèmes.

      

    On va profiter de votre année de titularisation pour vous mettre une pression folle car on se dit que la majorité d’entre vous est prête à endurer toutes les expérimentations en matière de management (formation sur le tas, grille d’évaluation infantilisante, etc.) pour accéder au statut envié de fonctionnaire d’Etat.

      

    Il est vrai que le statut des enseignants est toujours régi par les décrets de 1950 qui définissent nos obligations de service en maxima hebdomadaires (15h ou 18h). A l’époque, on avait conscience qu’une heure d’enseignement représente le double, voire le triple, de travail effectif (et plus encore pour un débutant.) Aujourd’hui, bien que tout le monde s’accorde à dire qu’enseigner est plus difficile qu’avant, le métier d’enseignant est encore le seul à n’avoir pas fait l’objet d’une réduction du temps de travail, malgré le passage aux 35h de la plupart des salariés du pays. Au contraire, bien des candidats aux prochaines présidentielles affichent leur intention de revoir nos obligations de service à l’horizon 2012 pour augmenter le temps de présence des professeurs dans les collèges et les lycées.

     

    Le statut des professeurs est historiquement conçu pour garantir l’indépendance du corps enseignant à l’égard des pouvoirs locaux : politiques, économiques ou religieux. La liberté pédagogique dans la mise en œuvre des programmes nationaux est inscrite dans les textes. La « valeur professionnelle de l’agent » est appréciée par une double note (celle du chef d’établissement et celle de l’inspecteur) qui détermine la progression salariale (sous forme d’avancement d’échelon) selon une grille de référence nationale assurant l’égalité de traitement des fonctionnaires sur tout le territoire. A partir de 2012, l’évaluation des enseignants ne consisterait plus qu’en la seule appréciation du supérieur hiérarchique direct : proviseur ou principal. L’indépendance pédagogique individuelle des professeurs est directement menacée par « l’autonomie » des établissements qui vise à caporaliser les relations hiérarchiques (appréciation, recrutement, tout se déciderait au niveau de l’établissement.) On n’y répond d’ailleurs plus aux problèmes liés aux conditions objectives de travail que par l’invocation magique aux « pratiques innovantes. »

      

    Du 13 au 20 octobre 2011 vous serez appelés à prendre part aux élections professionnelles. Les enjeux de celles-ci sont immenses. Les Organisations Syndicales jugées représentatives sur le critère du score à l’issue du scrutin négocieront la redéfinition de notre profession avec le gouvernement élu en mai 2012.

      

    Le SNFOLC a toujours mis la défense de notre statut au cœur de son action syndicale. Dans le contexte de rigueur budgétaire que nous traversons, toute réécriture du statut serait en notre défaveur. Fort de cette analyse, le SNFOLC s’était fermement opposé à la réforme de la « mastérisation » présentée comme une revalorisation du recrutement.

      

    Alors, prenez garde aux syndicats qui prétendent négocier « les nécessaires adaptations de notre métier. » C’est bien l’abandon des principales garanties liées à notre statut que voudrait dissimuler ce recours à une épaisse langue de bois.

    Approche syndicale et défense du métier d'enseignant.

      

      


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